Marchés Émergents

Marchés Émergents

La progression des marchés émergents

De plus en plus ces dernières décennies, les marchés autres que les grandes économies avancées sont devenus le moteur de la croissance mondiale et se sont intégrés dans le système financier international. Leur importance s'est donc accrue, tant pour les investisseurs internationaux que pour les analystes économiques. Bien qu'il n'existe pas de définition au sens strict du terme "marchés émergents", les pays ainsi désignés se caractérisent généralement par une croissance vigoureuse, des flux massifs d'IDE, un degré élevé d'ouverture aux marchés extérieurs et la volonté d'entreprendre des réformes visant à renforcer les institutions politiques et financières.

Changements de cap

Au terme d'une année 2018 aussi éprouvante que turbulente, la plupart des marchés émergents semblent retrouver le calme à la mi-2019. Comme le montre la figure 1, de nombreuses devises émergentes particulièrement malmenées l’année dernière se situent aujourd’hui à un niveau inchangé ou se sont même appréciées face au dollar américain depuis le début de l’année (sans surprise, le peso argentin et la livre turque font exception à ce constat).
 

Figure 1 : devises des pays émergents par rapport à l’USD (évolution en pourcentage)

KBC Economics sur la base de l'indice MSCI Barra.

Ce revirement opéré par les marchés émergents se justifie à bien des égards. On se rappellera qu’au début de l’année dernière, le cycle de resserrement de la Réserve fédérale battait son plein et les marchés s’attendaient à de nouvelles hausses sensibles des taux de la part de la Banque centrale américaine. De même, la BCE se préparait à mettre un terme à son programme de rachat d’actifs pour la fin 2018 et à ouvrir la voie à une normalisation des taux d’intérêt. Si la première mesure a bien été mise en œuvre, toutefois, la seconde a été renvoyée aux calendes grecques. Au lieu de planifier l’augmentation des taux, les responsables de la BCE étudient à présent l’opportunité d’un incitant supplémentaire. La Fed a elle aussi opéré un revirement à 180 degrés (adoptant une posture conciliante) depuis la même époque de l’année dernière, (au 25 juin 2019), et les marchés intègrent de multiples baisses des taux cette l’année.


Pour les marchés émergents, ce renversement est une arme à double tranchant. La conjoncture financière mondiale plus clémente induite par la politique plus accommodante de la Fed et de la BCE atténue généralement les turbulences sur les marchés émergents. Lorsque les taux d’intérêt baissent dans les économies développées, les marchés émergents accèdent plus facilement au financement et bénéficient d'une augmentation des entrées de capitaux. Même les économies profondément déséquilibrées peuvent obtenir un financement relativement bon marché dans un environnement qui conjugue de faibles taux d’intérêt et une recherche de rendement. Le tableau 1 compare plusieurs déséquilibres susceptibles d’engendrer des problèmes de financement dans des environnements économiques plus difficiles avec l'évolution des taux de change en 2019. L’Inde et le Brésil se distinguent par leurs piètres résultats au niveau des finances publiques, mais globalement, leurs devises ont peu bougé depuis le début de l’année. L’aversion des investisseurs pour le risque ne disparaît pas par magie lorsque les taux d’intérêt baissent aux quatre coins du monde. Les problèmes structurels de la Turquie et de l’Argentine, par exemple, pèsent toujours lourdement sur leurs devises nationales.

Tableau 1 : carte thermique des vulnérabilités des marchés émergents

Source: KBC Economic Research sur la base de Macrobond, d’autorités nationales, du FMI et de l’IFI (*données les plus récentes disponibles, au 26-06-2019)

Cependant, le glissement des perspectives des politiques des banques centrales mondiales ne constitue pas nécessairement une bonne nouvelle pour les marchés émergents. En effet, ces banques centrales ont précisément revu leurs prévisions dès lors que la croissance mondiale devrait ralentir dans un futur proche. Dans une certaine mesure, il s’agit simplement d’un tassement cyclique tendant à suivre le pic d’un cycle commercial, notamment aux États-Unis. Toutefois, les incertitudes et les risques persistants, tels que le Brexit et l’escalade de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, mais aussi d’autres conflits de ce type opposant les USA et leurs partenaires commerciaux, assombrissent également les perspectives de croissance. Le ralentissement de la croissance aux États-Unis, dans l’UE et en Chine et l’exacerbation des tensions commerciales dans le monde pèseront à leur tour sur les marchés émergents, dont beaucoup tirent une grande partie de leur croissance économique du commerce.

Chine

Le ralentissement économique de la Chine aiguise également les inquiétudes liées à la croissance mondiale. La croissance de la Chine s'est à nouveau tassée en 2018, faisant de nouveau craindre un atterrissage brutal de la deuxième puissance économique du monde. Le ralentissement de 2018 peut en partie être attribué aux efforts déployés par les autorités pour résorber l’endettement et maîtriser le secteur bancaire parallèle, qui ont entraîné une baisse de la progression des crédits et des investissements dans les infrastructures. L'escalade des relations commerciales avec les États-Unis, a également pesé sur la confiance des entreprises et le commerce extérieur de la Chine. En réaction, les autorités ont changé leur fusil d’épaule, délaissant la question des déséquilibres dans les crédits au profit de mesures monétaires et budgétaires destinées à dynamiser l’économie. Bien que les autorités aient sans conteste la volonté et la capacité d’éviter de graves dérives de la croissance et de l’emploi, elles doivent trouver un compromis entre les mesures de relance de la croissance par le biais d’incitants et la résolution de déséquilibres subsistants, tout en poursuivant les réformes nécessaires. Par conséquent, les risques sont toujours bien présents et la croissance est vouée à rester modérée. De plus, les risques de contagion de la Chine à l’économie mondiale augmenteront dès lors que le pays devient une économie ouverte plus axée sur le domaine financier.

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