Europe centrale et orientale

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Devises d'Europe centrale et orientale

EUR/HUF (bleu clair):

1 Avril 2018 : réélection du Président Orban. L'incertitude politique provoque une tendance à la hausse de l'EUR/HUF. La paire de devises quitte la fourchette de négociation latérale 305/315.

2 Les monnaies tchèque et hongroise présentent souvent une corrélation inverse avec le dollar américain. Les solides performances de l'USD depuis avril/mai engendrent un affaiblissement de la couronne et du forint.

3 Le marché doute de la viabilité économique de la Turquie et vend massivement la livre turque. Le forint hongrois (et la couronne tchèque) subissent des dommages collatéraux.

4 Malgré de solides chiffres économiques, le forint hongrois baisse toujours sous la pression exercée sur les pays émergents (Turquie, Russie, etc.).

5 L'Union européenne engage la procédure de sanctions (le fameux article 7) à l'encontre de la Hongrie, ce qui pourrait aller jusqu'à la priver de son droit de vote. La mise en œuvre effective est très incertaine car chaque membre de l'UE dispose d'un droit de veto. Le forint réagit à peine.

6 Le vice-gouverneur de la banque centrale hongroise, Marton Nagy, joue en solo et suggère une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire. La banque centrale garde cette option sur la table lors de la réunion de politique monétaire du lendemain, soutenant ainsi le récent rallye de la monnaie.

EUR/CZK (bleu foncé):

1 La combinaison malheureuse de la pression exercée sur les pays émergents, de la réduction temporaire des liquidités à l'approche de quelques jours fériés et de l'annonce d'une diminution possible du financement européen pour certains pays d'Europe centrale frappe la couronne tchèque de plein fouet.

2 La confrontation semble inévitable entre le tout nouveau gouvernement populiste italien (Lega, M5S) et l'Europe. Le climat de risque négatif conduit à l'effondrement des actifs italiens et entraîne les monnaies d'Europe centrale, y compris la couronne (et le forint).

3 Les monnaies tchèque et hongroise présentent souvent une corrélation inverse avec le dollar américain. Les solides performances de l'USD depuis avril/mai engendrent un affaiblissement de la couronne et du forint.

4 La couronne tchèque a fortement anticipé de nouvelles hausses de taux de la banque centrale en septembre. La banque centrale a joint le geste à la parole, mais la couronne n'en a plus profité.

5 Malgré plusieurs hausses des taux d'intérêt, la couronne tchèque reste sous pression en raison d'un ralentissement plus fort que prévu de la croissance. L'incertitude politique (motion de défiance) maintient également la monnaie sur la défensive. Le gouvernement du Premier ministre Andrej Babis a survécu le vote.

6 Le rallye de la couronne tchèque dans un climat de risque constructif et sur les perspectives d'une nouvelle hausse des taux en février par la Banque nationale tchèque, stagne. Le gouverneur Holub, récemment assermenté à la tête de HNB, jette le doute sur une hausse en février après que les principales banques centrales du monde (entre autres la BCE) aient pris un virage dovish tout récemment.

7 La couronne tchèque se renforce après une croissance nettement meilleure que prévu (1,0 % par trimestre/kw) au quatrième trimestre 2018, ce qui renforce les perspectives de soutien des taux d'intérêt par la banque centrale.

Mise à jour économique de la région

Les chiffres de la croissance du PIB pour le dernier trimestre 2018 sont entre-temps disponibles pour la plupart des pays d'Europe centrale et orientale. Globalement, ils témoignent d'une croissance soutenue dans toute la région. La bonne tenue des pays est d'autant plus remarquable compte tenu du ralentissement économique de la zone euro et de l'Allemagne en particulier. Il est donc évident qu'il existe des circonstances lénitives maintenant la croissance économique à niveau en Europe centrale et orientale. De solides performances économiques intérieures, soutenues par un financement de l'UE et une politique budgétaire accommodante, jouent un rôle important à cet égard. Malgré la bonne performance globale de la croissance, il existe des différences entre les pays (graphique CEE1). Ainsi, la croissance du PIB s'est accélérée en République tchèque du troisième au quatrième trimestre, mais elle a enregistré une nette tendance à la baisse en Slovaquie et elle s'est montrée particulièrement décevante en Pologne au quatrième trimestre. Les évolutions à court terme récentes diffèrent en outre largement de la tendance à plus long terme. La Slovaquie et la Pologne affichent en effet la croissance la plus impressionnante de ces dix dernières années. Plus généralement, la dynamique de la croissance a été nettement plus forte en Europe centrale et orientale que dans la zone euro au cours de la dernière décennie (graphique CEE2).

Graphique CEE1 - PIB réel (variation trimesterielle, en %)

Source: KBC Economics, sur la base d'Eurostat

Graphique CEE2 - PIB réel (indice, T1 2008 = 100)

Source: KBC Economics, sur la base d'Eurostat

Résilience malgré le retard allemand

Les derniers chiffres de la croissance du PIB révèlent la résistance de l'Europe centrale et orientale au ralentissement de l'économie allemande. L'Allemagne est en effet de loin la première destination d'exportation de l'ensemble des économies d'Europe centrale et orientale. La croissance allemande s'est considérablement ralentie au second semestre 2018: le PIB réel a baissé de 0,2 % au troisième trimestre et a stagné au quatrième trimestre. Le pays a donc échappé de justesse à une récession, se définissant techniquement comme deux trimestres successifs de croissance négative. Le ralentissement considérable de la croissance allemande s'explique à la fois par des facteurs temporaires (notamment les nouvelles normes d'émission dans l'industrie automobile) et par des facteurs plus permanents (dont le ralentissement de la croissance de la demande chinoise).

Comment expliquer que la croissance de l'Europe centrale et orientale ait jusqu'à présent résisté à l'évolution conjoncturelle négative de l'Allemagne? Tout d'abord, la nature du ralentissement de la croissance allemande joue probablement un rôle. Il est généralement admis que le ralentissement allemand est largement imputable à des facteurs temporaires, ce qui signifie qu'il n'a pas eu d'impact négatif significatif sur l'activité d'investissement en Europe centrale et orientale. Deuxièmement, certains des facteurs négatifs plus permanents, tels que l'affaiblissement de l'économie chinoise, n'affectent pas gravement la région. Son exposition géographique à la Chine est en effet nettement inférieure à celle de l'Allemagne. Troisièmement, la politique budgétaire des pays de la région est souvent plus souple qu'en Allemagne, où l'excédent budgétaire (en pourcentage du PIB) a augmenté depuis 2014. Cet argument s'applique en particulier à la Pologne et à la Hongrie, deux pays accusant d'importants déficits budgétaires structurels. Avec l'annonce par la Pologne d'un incitant budgétaire d'environ 2% du PIB, l'écart avec l'Allemagne pourrait encore se creuser dans les années à venir.

Prévisions

Malgré la résistance actuelle des économies d'Europe centrale et orientale, nous prévoyons que le ralentissement de la croissance allemande au premier semestre 2019 aura un impact négatif sur la région. La récente détérioration des indicateurs de confiance des entreprises tchèques et polonaises (PMI) le montre déjà. Plusieurs autres indicateurs avancés, dont les enquêtes de la Commission européenne sur les nouvelles commandes entrantes, ont révélé jusqu'à présent leur résistance au ralentissement allemand. Nos propres modèles économiques, qui reposent sur différents indicateurs de confiance, n'annoncent pas non plus un ralentissement majeur. À moins que le ralentissement allemand ne se poursuive plus longtemps que prévu, son impact sur la région ne sera pas particulièrement sévère.

Notre scénario ne prévoit par conséquent qu'un léger ralentissement économique dans la région. Dans certains pays, cette tendance pourrait être un peu plus marquée en raison de facteurs propres à chacun d'entre eux. Ainsi, nous pensons que la croissance hongroise va ralentir davantage étant donné que l'aide à la croissance fournie par les fonds de l'UE va se réduire progressivement au cours des prochaines années. La croissance roumaine et bulgare devrait également être un peu plus sous pression, compte tenu des faibles perspectives économiques de certains de ses partenaires commerciaux importants, parmi lesquels la Turquie, la Grèce et l'Italie.

Des marchés du travail étriqués

L'environnement de croissance globalement encourageant continue de soutenir les marchés du travail de la région. La tendance à la baisse du taux de chômage se poursuit partout. Pendant ce temps, l'exiguïté des marchés du travail accélère la croissance des salaires. Ainsi, au troisième trimestre 2018, les coûts salariaux nominaux (rémunérations incluant les impôts et hors subventions) ont augmenté en base annuelle de 9,0% en Hongrie, de 7,7% en République tchèque et de 6,9% en Slovaquie. Dans toute la région, de nouvelles réformes du marché du travail sont en cours et des efforts sont menés pour accroître le taux de participation et l'offre de main-d'œuvre en acceptant des travailleurs étrangers. Les entreprises de différents pays tentent en outre de réduire leur dépendance à l'égard de la main-d'œuvre par de nouveaux investissements. Il semble toutefois peu probable que ces mesures suffisent pour vaincre les limitations de capacité auxquelles sont confrontées les entreprises. L'exiguïté des marchés du travail peut effectivement compromettre le développement de nouvelles activités économiques et, partant, la croissance économique à long terme, ce qui ne se reflète pas encore dans les chiffres.

Dernière mise à jour sur la croissance économique dans la région (en anglais)

Slovakia - Economic update March 2019

201903 Slovakia - Economic update

Hungary - Economic update March 2019

201903 Hungary - Economic update

Czech Republic - Economic update March 2019

201903 Czech Republic - Economic update

Bulgaria - Economic update March 2019

201903 Bulgaria - Economic update

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