Europe centrale et orientale

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Devises d'Europe centrale et orientale

EUR/HUF (bleu clair):

  1. Les monnaies tchèque et hongroise présentent souvent une corrélation inverse avec le dollar américain. Les solides performances de l'USD depuis avril/mai engendrent un affaiblissement de la couronne et du forint.
  2. Le marché doute de la viabilité économique de la Turquie et vend massivement la livre turque. Le forint hongrois (et la couronne tchèque) subissent des dommages collatéraux.
  3. Malgré de solides chiffres économiques, le forint hongrois baisse toujours sous la pression exercée sur les pays émergents (Turquie, Russie, etc.).
  4. L'Union européenne engage la procédure de sanctions (le fameux article 7) à l'encontre de la Hongrie, ce qui pourrait aller jusqu'à la priver de son droit de vote. La mise en œuvre effective est très incertaine car chaque membre de l'UE dispose d'un droit de veto. Le forint réagit à peine.
  5. Le vice-gouverneur de la banque centrale hongroise, Marton Nagy, joue en solo et suggère une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire. La banque centrale garde cette option sur la table lors de la réunion de politique monétaire du lendemain, soutenant ainsi le récent rallye de la monnaie.
  6. La forte hausse du forint s'explique par une normalisation attendue de la politique monétaire par la banque centrale. La banque centrale a relevé les taux d'intérêt lors de la réunion de politique monétaire de fin mai, mais a souligné que cela ne marquait en aucun cas le début d'un cycle de normalisation. Il a même annoncé de nouvelles mesures de relance monétaire. La monnaie hongroise a depuis perdu tous ses bénéfices antérieurs.

EUR/CZK (bleu foncé):

  1. Les monnaies tchèque et hongroise présentent souvent une corrélation inverse avec le dollar américain. Les solides performances de l'USD depuis avril/mai engendrent un affaiblissement de la couronne et du forint.
  2. La couronne tchèque a fortement anticipé de nouvelles hausses de taux de la banque centrale en septembre. La banque centrale a joint le geste à la parole, mais la couronne n'en a plus profité.
  3. Malgré plusieurs hausses des taux d'intérêt, la couronne tchèque reste sous pression en raison d'un ralentissement plus fort que prévu de la croissance. L'incertitude politique (motion de défiance) maintient également la monnaie sur la défensive. Le gouvernement du Premier ministre Andrej Babis a survécu le vote.
  4. Le rallye de la couronne tchèque dans un climat de risque constructif et sur les perspectives d'une nouvelle hausse des taux en février par la Banque nationale tchèque, stagne. Le gouverneur Holub, récemment assermenté à la tête de HNB, jette le doute sur une hausse en février après que les principales banques centrales du monde (entre autres la BCE) aient pris un virage dovish tout récemment.
  5. La couronne tchèque se renforce après une croissance nettement meilleure que prévu (1,0 % par trimestre/kw) au quatrième trimestre 2018, ce qui renforce les perspectives de soutien des taux d'intérêt par la banque centrale.
  6. Une confiance extrêmement faible des entreprises en Allemagne, partenaire commercial clé de la République tchèque, érode la couronne tchèque. La monnaie s'est rapidement redressée mais, dans le contexte d'un climat d'investissement particulièrement fragile, elle sera à nouveau sous pression en mai.

Mise à jour économique de la région

Les performances des économies d'Europe centrale et orientale restent impressionnantes. Dans cette région aussi, la croissance du PIB est restée étonnamment forte au premier trimestre 2019, malgré un contexte plus pessimiste pour l'économie mondiale et les économies européenne et allemande en particulier. Dans cette région, la croissance résiste mieux aux facteurs internationaux car elle est soutenue par des facteurs nationaux, qui devraient rester favorables dans un avenir proche. L'exiguïté des marchés de l'emploi, en particulier, est propice à une relance vigoureuse de la consommation, car l'emploi et les salaires augmentent et tirent le pouvoir d'achat vers le haut. La croissance des investissements aussi demeure robuste car elle compense les pénuries de main-d'œuvre et accroît la capacité de production. La construction est en plein essor grâce à l'évolution favorable des prix de l'immobilier et des mesures politiques.

Néanmoins, avec le temps, les développements internationaux deviendront un déterminant majeur de l'évolution économique en Europe centrale et orientale. Des signes tangibles montrent que les perspectives de l'industrie s'assombrissent. La relance escomptée des économies allemande et européenne est donc une bonne nouvelle pour la région. En revanche, l'incertitude persistante et le choc potentiellement très perturbateur d'un Brexit dur ou du conflit commercial sino-américain constituent de sérieux risques. Pour l'instant, cela ne se reflète que dans les indicateurs d'humeur, comme la confiance des entreprises. Reste à voir, donc, si les facteurs nationaux seront suffisamment forts pour compenser les facteurs internationaux défavorables.

Encadré 3 – Marchés du travail étriqués, avec toutefois d’importantes disparités, au sein de la CEE

La baisse systématique du chômage est l’une des caractéristiques les plus frappantes de la longue période de croissance économique que connaît l’Europe centrale et orientale. Le récent ralentissement de l’activité économique n’empêche pas les marchés du travail de demeurer très étriqués. Entre les mois de juin 2018 et mars 2019, le taux de chômage de tous les pays de la région a atteint son niveau le plus bas de la décennie (la Pologne, en juin 2018, la Roumanie et la Croatie, en septembre 2018, la Lituanie et la Lettonie, en octobre 2018, la Bulgarie et la Slovénie, en novembre 2018, l’Estonie, en décembre 2018, la Tchèquie , en février 2019 et enfin, la Slovaquie et la Hongrie, en mars 2019).

Cette situation provoque une envolée des salaires, lesquels ont considérablement augmenté par rapport à la période 2009-2013. Si les entreprises peuvent parfois voir là une menace pour leur compétitivité internationale, d’un point de vue de l’économie domestique, cette tendance a une influence incontestablement positive sur l’évolution de la région. Une analyse des coûts salariaux horaires de tous les pays de l’Union européenne montre du reste que l’avantage comparatif de la région demeure, malgré les hausses récentes, intact.
Les employeurs regrettent que le manque de main-d’œuvre les empêche d’accepter de nouvelles commandes, ce qui contribue au ralentissement de la croissance de la production. Ils cherchent des solutions pour remédier à cette pénurie. Soucieux d’éviter que l’augmentation du coût du travail dope les coûts de production, ils investissent dans des technologies nouvelles, qui requièrent peu de main-d’œuvre. Mais remplacer l’humain par des machines est également coûteux et ne peut se faire de manière illimitée. C’est la raison pour laquelle les entreprises recourent dans une mesure croissante à de la main-d’œuvre étrangère. Il s’agit toutefois d’une stratégie qui se heurte à des obstacles naturels, comme la langue et les compétences disponibles, de même qu’à des barrières administratives et légales.

Si les marchés du travail de tous les pays de la région souffrent, la nature de leurs problèmes varie considérablement de l’un à l’autre. En fait, les différences sont criantes.
Bien que le taux de chômage soit insignifiant partout, les tendances diffèrent fortement d’un Etat à l’autre. En Tchèquie , le taux de chômage harmonisé s’est établi, après apurement saisonnier, à 2% en mars 2019; en Hongrie, en Pologne et en Roumanie, ce chiffre se situait entre 3,4% et 3,9%, contre 4,1%-4,6% en Estonie, en Slovénie et en Bulgarie. Si l’on s’en tient à ce critère, les taux de chômage en Slovaquie (5,7%), en Lituanie (6,0%), en Lettonie (6,4%) et en Croatie (7,4%) étaient là aussi inférieurs à celui de la zone (7,7%). Par rapport au taux moyen de la période janvier 2000-mars 2019, le taux de chômage de tous les pays de la région est actuellement exceptionnellement faible, mais les écarts diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. En Slovaquie et en Pologne, l’écart est de 8 points de pourcentage, en Bulgarie et en Croatie, de 6, en Lettonie, Estonie et Lituanie, de 5, en Tchèquie et en Hongrie, de 4 et en Roumanie et en Slovénie, de 3. Pour l’intégralité de la zone euro en revanche, il n’est que de 1,7 point de pourcentage.

Relevons également les différences marquées, d’un pays à l’autre toujours, entre le chômage des hommes et celui des femmes. En Croatie, en Slovénie, en Slovaquie, en Tchèquie , en Hongrie, en Estonie et en Pologne, le chômage des femmes est supérieur à celui des hommes, alors que c’est exactement le contraire en Bulgarie, en Lituanie, en Roumanie et en Lettonie. Ces disparités peuvent s’expliquer par les différences entre les spécialisations économiques de la région, mais aussi, par l’importance considérable de l’émigration d’hommes issus de certains pays en particulier.

Enfin, le chômage des jeunes (de 15 à 24 ans) diffère lui aussi considérablement d’un pays à l’autre. Au cours des 12 derniers mois, il a été, dans tous les pays de la région, plus élevé que la moyenne. L’écart entre le taux de chômage des jeunes et le taux général est toutefois, dans la plupart des pays, inférieur à ce qu’il est dans la zone euro (8,6 points de pourcentage). C’est en Slovénie qu’il est le plus faible (3 points de pourcentage); ce pays est suivi par la Tchèquie et la Lituanie (4 points), l’Estonie (6 points), la Hongrie et la Slovaquie (7 points) et enfin, la Pologne et la Bulgarie (8 points). Il est clair que l’étroitesse du marché du travail dans cette région augmente les opportunités d’emploi des jeunes. Ce n’est qu’en Roumanie (13 points de pourcentage) et en Croatie (14 points) que la différence entre le taux de chômage des jeunes et le taux global est supérieure à la moyenne de la zone euro.

Figure E3 – Le chômage au sein de la CEE, nettement inférieur à la moyenne à long terme (taux de chômage harmonisé, en pourcentage de la population active)

Source: KBC Economics, sur la base des chiffres d'Eurostat

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Prévisions pour l'Europe centrale et orientale

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