Journée cruciale pour le brexit

Les marchés

L'issue du vote sur le brexit qui se tiendra aujourd'hui à la Chambre des Communes fait peu de doutes. Malgré ses tentatives désespérées pour encore parvenir à convaincre les "brexiters" et les "remainers", il est quasiment certain que Theresa May s'apprête à essuyer une lourde défaite. L'accord qu'elle a négocié avec les 27 ne pourra pas compter sur une majorité des voix au parlement. Bien que, dans cette tragédie shakespearienne de haut vol, on n'est jamais sûr de rien... La principale question aujourd'hui est de savoir à quoi il faut s'attendre pour la suite. Petit récapitulatif. En principe, May aura encore la possibilité d'organiser un nouveau vote après de nouvelles négociations avec les 27. Le parlement lui a pour cela octroyé un délai de trois jours. Un scénario irréaliste, qui signifierait plutôt l'arrêt de mort politique pour la Première ministre. Une deuxième piste serait le dépôt d'une motion de défiance à l'encontre du gouvernement par le parti travailliste, qui ouvrirait la voie à la tenue de nouvelles élections. Une manœuvre qui pourrait bénéficier du soutien de certains au sein du parti conservateur, lequel a lui-même récemment tenté, en vain, de renverser May. Mais les Tories pourraient alors se tirer une balle dans le pied, car ils ne disposent actuellement pas d'un leader suffisamment fort pour les mener dans une nouveau combat électoral. Le parlement a déjà réussi à obtenir le droit de négocier lui-même un nouvel accord avec l'UE. Cela signifierait alors qu'il mettrait de facto le gouvernement sur la touche. Ce triomphe apparent de la démocratie constituerait une véritable gifle pour la Première ministre, qui n'y survivrait probablement pas. En outre, il est peu probable que le parlement parvienne à remplir sa mission et cette aventure risquerait de se solder par un véritable camouflet pour la démocratie. Il ne reste en fait que deux options. Soit May décide de faire un pas de côté après le vote. Une manière pour la Première ministre et les Tories de sauver un peu la face en rendant les armes après un combat courageux. Vu le temps qu'il reste d'ici à l'échéance de fin mars 2019, ce scénario débouchera quasi certainement sur une sortie du Royaume-Uni sans accord. Soit May opte pour la fuite en avant et convoque un nouveau référendum sur le brexit. L'issue de ce scénario est totalement imprévisible.

La réaction des 27 sera cruciale. Pour le moment, ceux-ci se retranchent dans le silence. Les Européens faciliteraient les choses en sortant de leur mutisme juste après le vote. Une ouverture en faveur de nouvelles négociations avec des concessions européennes à la clé permettrait déjà d'apaiser les tensions. Reste à savoir si la Commission européenne est encore capable de rassembler les 27 autour d'une même ligne de conduite. Une concession européenne serait cependant la bienvenue. Les Européens pourraient envoyer un signe de bonne volonté à l'attention du parlement britannique, pour montrer qu'ils sont déterminés à trouver une solution ensemble et, si nécessaire, qu'ils sont prêts à reporter la date butoir de fin mars. Une telle décision nécessiterait l'unanimité des 27. L'Europe doit rapidement se demander si se montrer inflexible vis-à-vis des Britanniques a vraiment du sens. En se comportant de la sorte, l'Europe envoie évidemment un signal à d'autres États membres où certains rêvent aussi de quitter le navire. Mais, en attendant, les perspectives économiques de l'UE sont en train de se détériorer, notamment à cause des incertitudes autour du brexit. Ces incertitudes et le spectre d'un "no deal" n'apportent rien de bon sur le plan économique.

Le meilleur scénario pour tout le monde serait d'arrêter le processus du brexit. Les Britanniques ont les cartes en main pour cela, comme l'a confirmé une décision de la Cour européenne de justice Un tel cas de figure ne sera possible que moyennant la tenue d'un second référendum. Un référendum dont l'issue reste incertaine. Le camp du "remain" est plus solide que jamais dans les sondages, mais les indécis pourraient encore faire pencher la balance dans les deux sens. L'Europe aurait peut-être ici un rôle à jouer en répondant à certaines inquiétudes des Britanniques. Ne voulons-nous, par exemple, pas tous d'une UE moins bureaucratique et plus efficace, avec une politique de migration cohérente et un marché interne renforcé ? Les choses qui nous unissent sont plus nombreuses que celles qui nous séparent.
 

Figure - Sondages "remain/leave" après le référendum (moyenne mobile, en %).

Source: Bloomberg

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