La Banque du Canada dans les pas de la Fed

Les marchés

La banque centrale canadienne (BoC) a décidé de suivre l'exemple de sa consœur américaine et se montre désormais plus modérée vis-à-vis du rythme de ses resserrements. Hier, la BoC a laissé son taux directeur inchangé et a indiqué que la remontée des taux pourrait être plus progressive, principalement à cause de la chute des prix pétroliers.

Hier, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 1,75%. Une décision qui n'a rien d'une surprise. Depuis qu'elle a entamé son cycle de resserrement en 2017, la BoC a déjà rehaussé son taux directeur à cinq reprises. Le fait que la banque centrale ait aujourd'hui décidé de faire une pause s'explique surtout par la faiblesse des prix pétroliers. Selon elle, la chute de l'or noir a en effet un impact significatif sur la croissance du pays. La banque a d'ailleurs revu ses prévisions économiques à la baisse et ne table désormais plus que sur une croissance de 1,7% en 2019, soit une forte baisse par rapport à la projection de 2,1% annoncée lors de la réunion de politique d'octobre dernier. À l'époque, le gouverneur Stephen Poloz prévoyait encore une accélération du cycle de resserrement et ne comptait pas s'arrêter au niveau neutre (2,5%-3,5%). En prenant cette pause, la BoC suit en fait l'exemple de la Réserve fédérale américaine. Depuis le relèvement de taux de la Fed en fin décembre, plusieurs gouverneurs, parmi lesquels le président Jerome Powell, se montrent plus modérés. La seule différence avec le Canada est que l'économie américaine est davantage menacée par le spectre d'un ralentissement de la croissance mondiale, dû notamment aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Les Canadiens sont également conscients de ce danger, mais restent tout de même davantage préoccupés par la baisse du pétrole.

La BoC a néanmoins tout fait pour garder un ton positif. Elle insiste ainsi sur le caractère temporaire du ralentissement économique et table sur une croissance de nouveau supérieure à sa moyenne en 2020 (2,1%). L'économie se porte toujours très bien grâce à l'amélioration observée sur le marché du travail et à un taux de chômage à son niveau le plus bas en 40 ans. La dépréciation du dollar canadien, le nouvel accord commercial signé avec les États-Unis et le Mexique et les mesures fiscales prises par le gouvernement canadien sont tous des facteurs qui poussent la BoC à l'optimisme. La banque s'attend ainsi à une augmentation des exportations et des investissements dans les secteurs qui ne sont pas liés à l'énergie. Le gouverneur Poloz a confirmé que le taux directeur allait prendre la direction de son niveau neutre, mais s'est tout de même montré plus prudent dans sa "forward guidance".

Le dollar canadien a gagné un peu de terrain après la réunion de politique de la BoC. Cette hausse est en partie due au fait que les prix pétroliers poursuivent leur remontée. Ce rebond a permis au loonie de réaliser un solide comeback depuis la fin de l'année passée, où le cours USD/CAD cotait encore à plus de 1,36. Depuis le passage à l'an neuf, la paire de devises est retombée à 1,32. Le gouverneur de la BoC, Stephen Poloz, fait plutôt partie des banquiers centraux partisans d'une politique de resserrement orthodoxe. Une poursuite du cycle de resserrement reste donc possible à un peu plus long terme. Si le cours de l'or noir continue de grimper, la paire USD/CAD pourrait alors repasser sous la barre de 1,30.
 

Figure - USD/CAD: Dollar canadien soutenu par la hausse des prix pétroliers

Source: Bloomberg

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