Powell négocie un virage verbal

Les marchés

Le Père Noël avait manifestement encore quelques cadeaux à distribuer vendredi. Il a donc régalé les marchés d'une série de statistiques favorables et de bonnes nouvelles. Les bourses et les taux d'intérêt (américains) ont connu une journée semblable au lendemain de Noël, grimpant respectivement de plus de 4% et de 10 à 15 points de base. En marge d'un regain d'espoir quant à une percée dans le conflit commercial opposant les États-Unis à la Chine et des incitants monétaires additionnels en Chine, le rapport américain sur l'emploi (‘payrolls’) et l'attitude (plus) "soft" de Jerome Powell se sont traduits par une remontée spectaculaire des marchés financiers.

En décembre, le marché de l'emploi a continué sur sa lancée. Pas moins de 312 000 nouveaux emplois ont été créés, alors que le marché n'en espérait que 184 000. De plus, les chiffres médiocres de novembre et ceux déjà brillants d'octobre ont été revus à la hausse. L'emploi a surtout connu une expansion dans les secteurs de la construction et des loisirs, de l'hôtellerie et de l'enseignement. Le taux de chômage a légèrement augmenté, décollant de son niveau le plus bas en 50 ans (3,7%) pour atteindre un résultat toujours impressionnant de 3,9%. Cette hausse est à attribuer à une augmentation constante du taux de participation (jusqu'à 63,1%). Manifestement, de plus en plus d'Américains sont alléchés par les salaires horaires attrayants. En décembre, le salaire moyen a gonflé de 3,2% en base annuelle, égalant ainsi le sommet cyclique du mois d'octobre.

Malgré tout, le marché n'a pas réagi tout de suite à la vigueur des chiffres. Il espérait un feu vert de Jerome Powell à l'occasion de l'interview qu'il s'apprêtait à donner en compagnie de ses prédécesseurs Janet Yellen et Ben Bernanke. Les propos tenus par l'actuel président de la Fed au sujet de l'économie n'avaient rien d'original. Il s'est contenté de défendre sa vision optimiste et de saluer le rapport sur l'emploi qui venait d'être publié. En matière de politique monétaire, Jerome Powell a toutefois apporté quelques nuances importantes. Alors qu'en décembre, il jouait encore pleinement la carte de la poursuite de la normalisation (excessive aux yeux du marché), Jerome Powell a suggéré cette fois que la Fed pourrait se montrer plus flexible. Les relèvements des taux et l'allègement du bilan ne se font pas en pilotage automatique, mais bien en fonction de la réalité économique. Récemment, les marchés ont douloureusement rappelé à Jerome Powell les risques baissiers qui guettent l'économie. À travers son virage verbal, Jerome Powell va en partie au-devant des attentes des investisseurs. Une nouvelle indication de cette réalité économique nous parviendra d'ailleurs plus tard dans la journée. Il est probable que la confiance des entrepreneurs américains du secteur des services crée la déception, à l'instar de l'indicateur publié pour l'industrie manufacturière.

Le rapport sur l'emploi phénoménal et la perspective d'une attitude plus souple de la part de la Fed ont fait passer une journée mouvementée au dollar. Le billet vert a été balloté entre gains et pertes pour finalement terminer la session à un niveau quasiment inchangé avoisinant 1,14 EUR/USD. En dépit de l'indécision des marchés à l'égard du risque, le différentiel est en ce moment plutôt orienté à la hausse. Nous pensons que le dollar se laissera au moins à court terme guider par la flexibilité promise par Jerome Powell. Si l'indice de confiance ISM crée la déception tout à l'heure, il se peut que le différentiel teste le seuil de 1,15.
 

Figure - EUR/USD: assisterons-nous aujourd'hui à un test du seuil de 1,15?

Source: Bloomberg

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