Les données économiques souffrent du coronavirus

Les marchés

À la fin de la semaine dernière, la rumeur d’un vaccin possible contre le coronavirus et l’espoir d’un redémarrage progressif de l’économie (américaine) avaient amélioré le sentiment du marché. Les investisseurs ont (brièvement?) vu le verre à moitié plein et les bourses sont reparties à la hausse: à la suite des marchés européens, Wall Street a augmenté de 3% (DJI). Mais cet optimisme se maintiendra-t-il cette semaine? Quelques perspectives.

La saison des résultats s’ouvre cette semaine et elle promet d’être tout sauf réjouissante. Les investisseurs étudieront comment et dans quelle mesure les entreprises ont été affectées par le coronavirus. Ils auront entre autres les entreprises d’énergie dans le collimateur: celles-ci ont souffert (et souffrent toujours) du cocktail toxique d’une demande en baisse et d’une offre abondante qui déprime les prix de l’énergie. Les investisseurs seront aussi particulièrement attentifs aux perspectives des entreprises: quelles sont leurs attentes pour l’avenir, comment se présente le tableau financier, des mesures ont-elles été prises?… Une attitude réservée de leur part pourra faire déchanter les marchés.

Notons que le FMI prévoit une “Great Lockdown Recession” qui menace de contracter l’économie européenne de 7,5%. Cette semaine, nous assisterons à la publication d’une série d’indicateurs qui mettront en lumière l’impact du coronavirus. Dès demain, le coup d’envoi sera donné avec l’indicateur ZEW. Cet indicateur sonde les attentes des investisseurs par rapport à l’économie européenne et allemande: le mois dernier, il est tombé à des niveaux datant de la crise de la dette européenne. Et ce n’était qu’une entrée en matière… Le chiffre de ce mois-ci menace de révéler un tableau encore plus sombre. Les indicateurs relatifs aux perspectives des 6 prochains mois feront l’objet d’un intérêt particulier. Le gouvernement allemand a déployé tout un arsenal de mesures et a même renoncé à son “Schwarze Null” (déficit zéro) pour combattre la crise. Ces mesures ont-elles porté leurs fruits?

Mais les valeurs les plus attendues de la semaine sont sans nul doute les indicateurs PMI en Europe et aux États-Unis. En mars, les PMI ont dessiné un scénario apocalyptique: dans la zone euro, la confiance des entreprises a chuté de 20,2 points à 31,4, le niveau le plus bas jamais enregistré! La crise du coronavirus a heurté (heurte encore) de plus en plus de secteurs via la perturbation des chaînes d’approvisionnement, la forte diminution de la demande et des mesures de confinement de plus en plus drastiques, qui ont paralysé (et paralysent encore) une grande partie de l’activité (des entreprises). Les États-Unis n’ont pas non plus été épargnés par ce scénario catastrophe. Outre-Atlantique, l’indicateur de confiance s’est replié plus que prévu (de 49,6 à 40,5) et a ainsi atteint son niveau le plus bas depuis la crise financière… Le secteur des services est particulièrement frappé et le pire ne semble pas encore passé. Les économistes s’attendent à un recul plus marqué des indicateurs, notamment dans le secteur des services (de 26,4 à 22,8 dans la zone euro, à 31,3 contre 39,8 aux États-Unis).

Question subsidiaire: les marchés tiendront-ils compte des données? Ces dernières semaines, les données économiques ont été allègrement ignorées. La semaine passée, les marchés des taux étaient plus sceptiques, mais la fonction de réaction classique par laquelle les taux “sûrs” augmentent dans un contexte risk-on (et vice versa) ne s’est pas encore enclenchée. Sur le marché des changes, le dollar est toujours le grand gagnant de la crise, mais la devise s’est plus ou moins stabilisée la semaine dernière. La paire EUR/USD cote aux alentours de 1,089, le seuil technique étant de 1,0770. Ce jeudi, le sommet européen se réunira à nouveau pour étudier des moyens de relancer l’économie après la pandémie. Selon toute probabilité, le bras de fer entre nord et sud se poursuivra, de nombreuses tentatives de faire jouer la solidarité européenne via l’émission de dettes communes ayant déjà échoué. L’euro risque ainsi de faire les frais d’une nouvelle déception.

EUR/USD: la zone de support de 1,0770 tient bon

Bron: Bloomberg

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