CNB vs MNB

Les marchés

Les banques centrales tchèque et hongroise se sont réunies plus tôt cette semaine. Le contraste entre les deux est saisissant. Sur la base de données (quasiment) identiques, les deux institutions sont arrivées à des conclusions opposées. Cette situation fait penser aux dissensions actuellement à l'œuvre au sein de la Réserve fédérale américaine (Fed). Une moitié des gouverneurs de la Fed préfère ainsi se concentrer sur la situation intérieure et constate que la croissance reste solide grâce au consommateur. Aucune raison donc de modifier la politique, et encore moins de l'assouplir. L'autre moitié s'inquiète en revanche des nuages qui s'amoncellent au-dessus de la scène internationale et craint les conséquences négatives de cette dégradation sur l'économie du pays. Pour eux, mieux vaut prévenir que guérir et opter donc pour une politique accommodante. La banque centrale tchèque (CNB) se trouve dans le premier camp, la banque centrale hongroise (MNB) dans le second.

La CNB suit une approche orthodoxe depuis déjà quelque temps. Entre mi-2017 et mi-2019, elle a ainsi systématiquement relevé son taux directeur, le faisant passer de 0,05% à 2%. La croissance tchèque est restée solide au deuxième trimestre (0,7% en glissement trimestriel; même rythme qu'au premier trimestre). Les détails font pour le moment uniquement état d'un recul au niveau des investissements. Quant aux possibles conséquences négatives du ralentissement de la croissance dans la zone euro, elles sont quasiment passées sous silence. L'inflation tchèque est actuellement supérieure à l'objectif de 2%. Des tensions demeurent sur le marché du travail, mais la pression diminue sur les salaires. Les risques autour des prévisions d'inflation sont équilibrés, mais peut-être tout de même très légèrement inflationnistes. La couronne tchèque évolue grosso modo entre 25,50 et 26 depuis quelque temps, ce qui signifie qu'elle est plus faible que ce à quoi la CNB s'attendait. Ce détail a son importance, car la faiblesse inattendue de la couronne a, au cours de ces deux dernières années, donné lieu à une accélération du cycle de resserrement. Chose quelque peu surprenante, deux des sept gouverneurs ont voté hier en faveur d'une hausse de taux supplémentaire de 25 points de base. La CNB ne suit donc pour le moment pas encore le virage qui a été opéré cette année par la plupart des autres banques centrales du monde, d'une normalisation à un report, voire un assouplissement. Même la simple perspective d'un assouplissement n'est pas encore à l'ordre du jour. La couronne tchèque a gagné du terrain après la décision et le cours EUR/CZK est tombé en dessous de 25,80, consolidant ainsi le plafond au-dessus de la paire de devises (26).

Le discours tenu par la banque centrale hongroise est différent. La MNB a longtemps joué cavalier seul dans le sillage d'une BCE accommodante. En début d'année, elle avait préparé le marché au démarrage d'un processus de normalisation de politique, mais elle a rapidement fait marche arrière. Pas vraiment à cause de la stagnation de l'économie hongroise (1,1% en glissement trimestriel au deuxième trimestre) ou du recul de l'inflation sous l'objectif de 3% (3,1% en glissement annuel), mais plutôt à cause du virage opéré par la BCE et de l'accroissement des risques sur la scène internationale. La déclaration de politique de la MNB consacre plusieurs paragraphes à ces éléments. Pour la banque, les risques d'inflation ne sont pas haussiers à cause de la vigueur de l'économie nationale, mais plutôt baissiers à cause de ce qui se passe à l'étranger. C'est la raison pour laquelle la MNB a décidé d'appuyer sur la pédale de frein et de reporter sine die la normalisation de sa politique. Même la faiblesse du forint n'a pas réussi à peser dans la balance. Le cours EUR/HUF a dépassé cette semaine la barre de 335, le niveau le plus faible jamais enregistré par la monnaie hongroise. À court terme, une nouvelle dépréciation semble être le scénario le plus probable.

Mathias Van der Jeugt, salle des marchés KBC

EUR/HUF: le forint hongrois plus faible que jamais.

Bron: Bloomberg

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