Le dollar américain souffre

Les marchés

Le dollar a, pour la première fois depuis longtemps, essuyé un sérieux coup hier. Les taux à court terme américains ont de nouveau perdu près de 10 points de base. L'indicateur ISM de confiance des entrepreneurs de l'industrie manufacturière n'a pas convaincu, en retombant à son niveau le plus bas depuis octobre 2016 (52,1). Contrairement à son équivalent européen (PMI), l'ISM reste cependant supérieur à 50, niveau qui marque la frontière entre expansion et contraction de l'économie. Mais le véritable coup fatal est venu après les déclarations du président de la Réserve fédérale de Saint Louis, James Bullard. Ce dernier a dit ce que beaucoup pensaient déjà depuis quelque temps: une baisse de taux pourrait être bientôt justifiée. Bullard pointe ainsi l'évolution des tensions commerciales, le ralentissement de la croissance mondiale et l'absence de pression inflationniste. Le marché évalue actuellement la probabilité d'une intervention de la Fed le 19 juin à 20%. Plusieurs ténors de la banque centrale devraient faire le point de la situation aujourd'hui et demain, dans le cadre d'une conférence qui se tient à Chicago. Nous pensons qu'ils montreront davantage leur jeu, mais qu'ils ne suivront pas (encore) l'exemple de Bullard. Nous entourons d'ores et déjà la date de la réunion de septembre (18/09) dans notre agenda comme possible date de lancement d'un nouveau cycle d'abaissement des taux de la banque centrale américaine.

Retour sur le dollar. Le cours USD/JPY est celui qui a le plus souffert ces derniers jours. Outre la faiblesse du billet vert, la vigueur du yen, qui profite de son statut de valeur refuge, joue aussi dans la balance. Le dollar pondéré des échanges commerciaux (DXY) teste actuellement le niveau de support de 97. Le cours EUR/USD a grimpé à un premier niveau de résistance significatif et teste la barre de 1,1265. Une rupture au-dessus de ce niveau ouvrirait directement la voie vers un dollar à 1,14. Bien que ce soit le dollar qui ait principalement attiré les regards ces derniers temps, la banque centrale européenne pourrait, à son corps défendant, changer la donne ce jeudi. Nous craignons en effet que Draghi et ses collègues ne parviendront pas à convaincre les marchés que la banque centrale sera capable de protéger l'économie européenne des répercussions des tensions commerciales et de doper l'inflation.

La RBA ne doute pas
La banque centrale australienne (RBA) a, comme prévu, abaissé son taux directeur de 25 points de base à 1,25% ce matin. La RBA a plusieurs sources de préoccupation. Tout d'abord, les ménages australiens souffrent du poids de leur dette hypothécaire. Et la baisse des prix immobiliers n'améliore rien à la situation. Le marché du travail australien se porte bien, mais les hausses de salaires tant souhaitées se font toujours attendre. Ensuite, l'inflation australienne demeure inférieure à l'objectif de 2%-3%. Enfin, les tensions commerciales internationales constituent également une source de nervosité. La Chine est et reste le principal consommateur des matières premières australiennes. Les responsables de la banque ont donc estimé qu'il valait mieux prévenir que guérir. Et probablement aussi un peu anticiper sur la Fed. Bien que la RBA n'ait donné aucune indication concrète quant à l'évolution future de sa politique, une nouvelle baisse de taux au second semestre paraît tout à fait probable. Le marché estime pour le moment cette probabilité à 75%. Le cours AUD/USD se maintient actuellement sous la barre de 0,70. La baisse de taux était déjà intégrée et le dollar américain vit une période plus compliquée. Dans ce contexte, le cours AUD/USD pourrait de nouveau se stabiliser dans une fourchette entre 0,70 et 0,72. La paire EUR/AUD affiche un potentiel de hausse plus important.

Mathias Van der Jeugt, salle des marchés KBC

Le cours EUR/USD teste le niveau de 1,1265. Une rupture ouvrirait la voie vers un dollar à 1,14.

Bron: Bloomberg

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