Europe centrale et orientale

Europe centrale et orientale

Mise à jour économique - janvier 2020

Tableau hétérogène de la production industrielle

En novembre, la production industrielle s'est ralentie en Europe centrale. Par rapport à octobre, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont enregistré une baisse d'environ 1% (corrigée des variations saisonnières), ce qui donne l'impression que la récession de l'industrie allemande finit par atteindre l'Europe de l'Est. Le lien avec l'évolution en Allemagne reste néanmoins plus faible que prévu, du moins dans certains pays. Dans la région, les différences entre pays restent frappantes.

Le déclin de l'activité industrielle de la région survient au moment où l'industrie allemande montre les premiers signes timides de redressement. Tant la confiance que la production vont dans ce sens. Si le récent ralentissement en Europe centrale était imputable à la récession allemande, il se serait donc produit avec un retard considérable, assez inexplicable. L'impact sur l'Europe centrale de la récession de l'industrie allemande, qui dure depuis plus d'un an et demi, reste en outre assez limité. Alors que la production de l'industrie manufacturière en Allemagne a baissé de plus de 8% entre janvier 2018 et octobre 2019 (avec une légère reprise en novembre 2019), l'activité a mieux résisté en Europe centrale. En Hongrie et en Pologne, la production est restée supérieure aux niveaux observés au début de la récession en Allemagne. En République tchèque, la situation est un peu moins favorable. La production y a grosso modo conservé le niveau du début de la récession dans l'industrie manufacturière allemande au printemps 2018. L'industrie slovaque semble également plus sensible à l'évolution de l'industrie allemande, bien que celle-ci soit plus difficile à estimer car elle est aussi plus volatile (figure ECO1).

Comment expliquer la plus grande résilience des industries d'Europe centrale? Elle est en partie liée à leur sensibilité moins marquée à l'évolution des marchés asiatiques, en particulier la Chine et la Corée, par rapport à l'Allemagne. Cela explique pourquoi la région a été jusqu'à présent moins sensible au regain d'incertitude à l'égard du commerce mondial en 2019. L'indice d'incertitude entourant le commerce mondial a atteint un sommet à la fin du troisième trimestre 2019. La plus grande résilience de l'industrie polonaise et hongroise pourrait également s'expliquer par une demande intérieure plus forte, alimentée par une politique budgétaire expansionniste dans ces pays, surtout par rapport à la République tchèque. En Pologne et en Hongrie, le déficit budgétaire structurel se chiffre à environ 3% du PIB, tandis qu'en République tchèque, il n'est que de 0,3% du PIB selon la Commission européenne.

Pour l'avenir, nous restons modérément optimistes quant à la croissance de l'industrie dans la région. Les chiffres pourraient encore se détériorer quelque peu dans les prochains mois, mais l'optimisme modéré pour 2020 s'appuie sur le redressement de la confiance et des chiffres de la production en Allemagne, le dégel des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine et l'atténuation de l'incertitude entourant le Brexit. Les indicateurs avancés pour la région sont également encourageants.

La pression inflationniste se renforce, mais la politique monétaire reste inchangée

Notre optimisme prudent à l'égard de l'économie d'Europe centrale a des implications importantes sur nos prévisions en matière d'inflation et de politique monétaire. Des taux d'inflation étonnamment élevés ont récemment été publiés dans la région. En novembre, l'inflation a atteint 3% en République tchèque et 3,4% en Hongrie. En Pologne aussi, elle a bondi à 3% en décembre. La Slovaquie s'inscrit également dans ce tableau, ce qui en fait l'un des pays présentant le taux d'inflation le plus élevé de la zone euro: l'inflation s'y est en effet accélérée de 2,9% en octobre à 3,2% en novembre et, selon l'estimation flash, ce niveau a également été atteint en décembre (figure ECO2). Les prix des carburants et des denrées alimentaires boostent l'inflation dans toute la région. Les prix des denrées alimentaires sont dopés par des facteurs tant intérieurs qu'extérieurs. La grippe aviaire et la peste porcine continueront de les mettre sous pression haussière. En Slovaquie, la pression sur les coûts due à l'augmentation du salaire minimum à la fin de 2019 alimente également l'inflation.

 

Nous pensons que l'inflation ne va pas décélérer dans un proche avenir. C'est pourquoi nous prévoyons que la Banque centrale polonaise va relever son taux au second semestre, lorsque l'activité industrielle et, par extension, l'ensemble de l'économie reprendront vigueur. En République tchèque, le redémarrage de l'industrie et la persistance d'une inflation élevée grossiront les rangs des partisans d'un resserrement de la politique monétaire, mais pour l'instant, nous nous en tenons à notre scénario de stabilité des taux en République tchèque.

En Hongrie, une décélération progressive de l'inflation est attendue au début de 2020. Les taux d'inflation se situent toutefois clairement dans le haut de la fourchette de tolérance utilisée par la Banque centrale hongroise pour sa politique. Nous ne prévoyons cependant aucune initiative de la banque centrale pour freiner l'inflation. Sa priorité, comme celle du gouvernement, reste en effet la croissance économique. La banque centrale va donc poursuivre sa politique monétaire accommodante pour soutenir la demande intérieure. Elle est convaincue que cela s'avère nécessaire pour compenser l'atonie économique dans le reste de l'Europe. La décélération de l'inflation de 4 à 3% au deuxième trimestre la confortera dans cette conviction. L'inflation atteindra toutefois à nouveau 3,5% d'ici la fin de 2020.

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