Europe centrale et orientale

Europe centrale et orientale

Mise à jour économique - octobre 2019

La croissance économique ralentit également en Europe centrale et orientale, mais le taux de croissance reste malgré tout étonnamment élevé. À première vue, la région résiste très bien au ralentissement de la croissance dans le reste de l'Europe et ce, grâce à une combinaison de facteurs favorables, parmi lesquels la vigueur relative de l'industrie automobile et la solidité de la demande intérieure. Les économies d'Europe centrale ne sont toutefois pas insensibles aux tendances extérieures négatives, en particulier à l'évolution défavorable du marché automobile européen. Des signes d'un ralentissement potentiel de la croissance de l'industrie apparaissent en République tchèque, en Hongrie, en Bulgarie et, en particulier, en Slovaquie. La situation diffère en outre d'un pays à l'autre. La demande intérieure reste robuste en République tchèque, en Hongrie et en Bulgarie, tandis que l'économie slovaque est nettement plus sensible au ralentissement de la croissance en Allemagne.

L'industrie automobile pilote l'économie

L'Europe centrale est étroitement liée à l'industrie automobile, celle-ci jouant un rôle crucial et souvent déterminant dans son économie en raison de son importance dans la production totale, les exportations et l'emploi. La prospérité économique de certains États dépend de l'essor de l'industrie automobile. Ceux-ci sont de plus en plus sensibles aux événements se déroulant sur le marché automobile en Europe ou dans d'autres pays, vers lesquels la production locale est exportée. L'Europe centrale est devenue un important producteur de voitures, mais n'en est un client direct que de manière limitée. La République tchèque en est peut-être la meilleure illustration: la production automobile y représente la plus grande part du PIB (6%), alors qu'elle est exportée à 80%.

La production automobile est majoritairement vendue sur le marché européen. L'industrie automobile est donc progressivement devenue l'un des facteurs clés de la réussite de ces économies et le ralentissement actuel de la croissance du marché automobile européen freine leur haute conjoncture. Après cinq années de croissance explosive de la demande, le marché automobile accuse un ralentissement cyclique, qu'est venu aggraver le durcissement des normes d'émission consécutif au scandale du dieselgate, auquel les producteurs, les acheteurs et les infrastructures n'étaient pas préparés. L'incertitude entourant le Brexit a sans aucun doute également joué un rôle, le Royaume-Uni étant le deuxième plus grand marché automobile en Europe. En outre, le risque d'une éventuelle augmentation des droits de douane américains à l'importation ne doit pas être négligé, même s'il est jusqu'à présent resté sans effet sur la production.

Malgré le ralentissement de la croissance sur le marché automobile européen et sur d'autres marchés importants, la production automobile d'Europe centrale ne décline pas encore. Ce contraste avec l'évolution d'autres pays typiquement constructeurs automobiles (Allemagne, Italie, France) s'est renforcé cette année. Au premier semestre, la production automobile a chuté de près de 7% dans l'ensemble de l'UE. Toutefois, à l'exception de la Pologne, elle a continué à croître en Europe centrale au cours des huit premiers mois de l'année. La Hongrie, où l'accent est mis sur la production de voitures de luxe et de moteurs pour voitures électriques, a enregistré la plus forte croissance (12,3%). En République tchèque, la croissance (2,2%) a été soutenue par le glissement de la production vers les très prisés SUV.

L'insensibilité apparente de l'Europe centrale au ralentissement du marché européen s'explique également par la combinaison de plusieurs facteurs favorables, tels que l'ouverture d'une nouvelle usine par Jaguar Land Rover en Slovaquie, des innovations, le lancement de face-lifts et de nouveaux modèles par Skoda en République tchèque et Daimler en Hongrie. La région n'est pas pour autant totalement indifférente à l'évolution négative de l'industrie automobile européenne, même si celle-ci ne se reflète pas encore dans les chiffres actuels de la production. L'évolution récente de la production en Slovaquie le montre. Au cours des trois derniers mois, la production y a systématiquement reculé par rapport à l'année précédente et le plus grand constructeur automobile local a déjà annoncé son intention de licencier des travailleurs.

Les problèmes se répercuteront non seulement sur la construction automobile, mais aussi sur la production et l'exportation de pièces automobiles. Les producteurs locaux sont en effet fortement intégrés dans les chaînes de production européennes transfrontalières. Cela signifie qu'en dépit des solides chiffres récents de la croissance, la production future est incertaine, d'autant plus que le passage à la voiture électrique est aujourd'hui incontournable. Celle-ci nécessite moins de pièces. Le lancement d'une nouvelle génération de voitures prendra du temps et les sous-traitants auront besoin de temps pour s'adapter. Le lancement de nouveaux moteurs est également une question d'années pour les producteurs finaux. Le développement de la production immédiate en Europe centrale restera donc principalement déterminé par la demande européenne, autour de laquelle gravitent la plupart des producteurs d'Europe centrale.

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