Économie belge

Réajustement à la baisse de la croissance du troisième trimestre

En Belgique, le PIB réel du troisième trimestre 2018 a progressé de 0,3% par rapport au trimestre précédent, soit un chiffre peu moins élevé que la précédente estimation (0,4%), conforme à la croissance du PIB des deux premiers trimestres de l’année, qui s'établissait elle aussi à 0,3%.

Si l'on analyse les composantes du PIB, la contraction de la consommation privée est l'élément le plus remarquable au niveau des chiffres du troisième trimestre. Si les investissements des entreprises ont eux aussi diminué, leur évolution a été influencée par un certain nombre de transactions spécifiques concernant l'achat et la vente de navires avec l'étranger. Abstraction faite de ces dernières, la croissance des investissements des entreprises aurait été légèrement positive. Ces transactions ont également eu un effet stimulant sur les importations et les exportations de biens et de services.

La plus forte contribution à la croissance au troisième trimestre est venue des exportations nettes (+0,5%) (figure BE1). La robustesse des exportations constitue un signal positif à l'heure où les tensions commerciales s'intensifient à l'échelon mondial. Le baromètre des commandes à l'exportation annonce cependant un ralentissement dans un avenir proche.

Figure BE1 – Composition de la croissance du PIB réel en Belgique

Source: KBC Economics sur la base des stat. de la BNB

Pour chacun des trois premiers trimestres de 2018, les stocks ont contribué négativement à la croissance économique. Les variations de stocks auront probablement coûté entre 0,3 et 0,4 point de pourcentage à la croissance du PIB réel pour l'ensemble de l'année 2018, preuve que la constitution des stocks peut considérablement impacter le cycle économique. En dépit de cette importance, cette composante du PIB est bien souvent sous-estimée. Cela tient au fait que la constitution des stocks est très souvent considérée comme une variable d'ajustement, en particulier de l'écart entre production et ventes. Dans la pratique, il s'agit en l'occurrence également d'anomalies statistiques qui, outre les variations de stocks, n'ont le plus souvent aucune explication logique.

Entre-temps, le marché du travail en Belgique continue d'afficher une santé étincelante. La croissance de l'emploi intérieur s'affichait à 0,4% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, soit une légère amélioration par rapport à la croissance de 0,3% enregistrée au cours des deux trimestres précédents.

Sur un horizon temporel plus long, on notera la création de pratiquement 250 000 emplois entre le printemps 2013 et l'automne 2018. Lors du précédent épisode de redressement économique, la croissance du PIB réel s'est révélée particulièrement intensive en termes de besoins de main-d'œuvre (voir également ci-après dans la rubrique Encadré : Tout n'est pas rose sur le marché du travail européen). Au cours de la période 2014-2017, chaque point de pourcentage de croissance du PIB réel a généré 0,64% de croissance de l’emploi, soit davantage que durant les précédentes périodes de redressement.

L'inflation monte en flèche

L'inflation belge, mesurée à l'aune de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), s'élevait à 3,2% en octobre, soit 2,8% seulement sur la base de l'IPC national (Figure BE2).

Figure BE2 - Inflation des prix à la consommation

Source: KBC Economics sur la base des chiffres d'Eurostat et du SPF Économie

La différence notable entre les deux valeurs s'explique principalement par la pondération plus importante des carburants et des sources d'énergie dans l'IPCH et par le fait que le calcul de l'IPC national pour le fioul domestique repose sur une moyenne mobile. Le poste «logement, eau et énergie» est celui qui a eu l'impact haussier le plus fort sur l'inflation au cours des mois écoulés. Malgré la remarquable progression de l'inflation globale, l'inflation de base (hors prix de l'énergie et des ressources alimentaires non exploitées) est restée inchangée, et s'établit à un maigre 1,6% depuis juillet.

Au cours des derniers mois, la différence d'inflation avec la zone euro s'est à nouveau fortement creusée. La hausse de l'inflation en Belgique demeure donc un point d'attention, dès lors qu'elle pourrait avoir des effets secondaires par le truchement de l'indexation automatique des salaires.

Nous tablons sur une baisse moyenne de l'inflation en Belgique de 2,1% en 2018 à 1,8% en 2019, ce qui devrait réduire l'écart d'inflation entre la Belgique et la zone euro de 0,7 et 0,3 point de pourcentage en 2017 et 2018 à 0,1 point de pourcentage en 2019.

Tempête politique

Au cours du week-end des 8 et 9 décembre derniers, le gouvernement fédéral belge a perdu sa majorité au Parlement, après que la NVA, son partenaire de coalition, a fait savoir qu'elle ne soutiendrait pas la signature du Pacte mondial des Nations Unies pour la migration.

Le manque de pouvoir de décision du nouveau gouvernement minoritaire risque de ralentir le train des réformes économiques. Nous ne pensons cependant pas que les risques financiers directs liés à la précarité de la situation politique pèseront bien lourd. Le spread entre les obligations belges et allemandes à 10 ans n'a d'ailleurs guère évolué ces derniers jours. Une élévation des risques financiers n'est cependant pas à exclure si le blocage politique venait à se conjuguer dans les prochains mois avec la réalisation d'autres risques (extérieurs) tels qu'un Brexit dur ou une nouvelle crise systémique dans la zone euro (liée notamment aux péripéties du budget italien).

L'impasse politique de 2010-2011 a démontré que les oppositions politiques/régionales et la complexité de la structure institutionnelle en Belgique n'étaient pas dénuées de risques. La formation d'un nouveau gouvernement à l'issue des élections de juin 2010 avait en effet duré pas moins de 541 jours. À cette période de tensions politiques venait s'ajouter la crise de la dette souveraine européenne, dans laquelle la Belgique était également empêtrée dans le cadre des problèmes de Dexia. Tous ces éléments avaient alors placé la Belgique sur l'écran radar des marchés financiers et amené les agences de notation à rétrograder la note de solvabilité de la Belgique en 2011. La situation d'alors était toutefois absolument exceptionnelle. Il est donc très peu probable que l'histoire repasse les plats en 2019.

Prévisions économiques: économie belge

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