Belgique - Mise à jour économique mai 2019

L'économie belge a connu un début d'année morose. Selon l'estimation Flash de l'Institut des comptes nationaux, le PIB réel a connu une hausse modeste de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année par rapport au dernier trimestre 2018. Le taux de croissance a été légèrement plus faible que prévu et il représente un ralentissement marqué par rapport à la croissance du quatrième trimestre 2018. Cette dernière a été révisée à la hausse, de 0,3% dans l'estimation précédente à 0,4%. La croissance en glissement trimestriel de l'économie belge au premier trimestre 2019 a été nettement inférieure à celle de l'ensemble de la zone euro (+0,4%), qui a surpris agréablement. La croissance belge s'est également montrée plus faible que dans les trois principaux pays voisins (Pays-Bas +0,5%, Allemagne +0,4%, France +0,3%).

La croissance plus atone que prévu de l'économie belge contraste avec la légère amélioration des indicateurs de confiance à la fin du premier trimestre. Dans le secteur manufacturier, les indicateurs ont relativement bien résisté jusqu'alors, surtout par rapport au malaise de l'industrie allemande. Les indicateurs de confiance pour le mois d'avril brossent toutefois un tableau beaucoup moins favorable de l'économie. Le baromètre de conjoncture de la BNB a fortement baissé durant ce mois pour atteindre son plus bas niveau en dix-neuf mois. L'affaiblissement a touché non seulement l'industrie manufacturière, mais surtout le secteur de la construction. L'évaluation des commandes s'est particulièrement détériorée. La confiance des consommateurs a également décliné en avril, quoique dans une moindre mesure.

Une croissance atone se profile

Nous prévoyons que l'économie belge continuera à croître au rythme lent de 0,2% à 0,3% (en glissement trimestriel) ce trimestre et les suivants, ce qui porterait la croissance du PIB réel à 1,2% pour l'ensemble de l'année 2019. Ce chiffre figure dans nos tableaux depuis janvier. D'autres prévisionnistes ont également abaissé leur prévision de croissance pour 2019 à (presque) 1,2% ces derniers mois. Ainsi, les prévisions de printemps de la Commission européenne (CE) pour la croissance belge en 2019, publiées début mai, s'élèvent également à 1,2%. Les prévisions consensuelles (avril) et les prévisions du FMI (avril) et du Bureau fédéral du Plan (février) sont légèrement supérieures, à 1,3%.

Le recul de la confiance des consommateurs et en particulier l'évolution du chômage attendue par les consommateurs au cours des prochains mois s'accompagnent d'un revirement du taux d'épargne des ménages belges (voir figure BE). Malgré la hausse du taux d'épargne, la croissance de la consommation privée en 2019 restera plus ou moins stable par rapport à 2018. Cette tendance s'explique par la forte hausse du revenu disponible réel des ménages. Compte tenu du contexte de taux toujours favorable, la croissance des investissements bruts en actifs fixes devrait en outre rester dynamique. La contribution des exportations nettes à la croissance du PIB devrait en revanche devenir négative en 2019. Le ralentissement de la croissance du commerce mondial pèsera sur la croissance des exportations, tandis que la croissance des importations sera soutenue par la demande intérieure.

Figure BE - Les familles épargnent davantage face à l'incertitude accrue

Source: KBC Economics sur la base des stat. de la BNB

Sur le radar de la Commission européenne

Les prévisions de printemps de la Commission européenne (CE) sur les finances publiques ouvrent la porte à d'éventuelles mesures contre les pays de l'UE qui s'écartent trop des règles budgétaires européennes. La CE se fondera en effet sur ses prévisions pour évaluer les programmes de stabilité des États membres. Les évaluations font partie du Semestre européen. Elles donnent lieu à la formulation de recommandations spécifiques par pays et peuvent constituer un pas vers une éventuelle procédure d'infraction en cas de dérapage des finances publiques.

Outre l'Italie, la France, l'Espagne et, dans une moindre mesure, le Portugal et la Slovénie, la Belgique pourrait également être sur le radar de la CE. La Belgique ne respecte non seulement pas correctement les règles relatives à la dette publique, mais en ce qui concerne le solde budgétaire structurel, l'écart par rapport à l'objectif sera également plus important que prévu en 2019 et cet écart devrait encore se creuser en 2020. Peut-être la CE n'émettra-t-elle ses recommandations qu'après les élections belges, qui ont lieu le même jour que les élections européennes. La CE lancera probablement un nouvel avertissement à la Belgique en raison du niveau élevé de sa dette publique.

Perspectives

En savoir plus sur l'économie belge

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